Dans les coulisses / L’Équipe de Boutique Spring

Tu connais Reanna Evoy, directrice artistique ?

Publié 04/08/2013 par

Nous avons discuté avec Reanna Evoy, notre directrice artistique, à propos de séances photo, de ses études et de son clip préféré de Robyn.

Qu’est-ce que tu fais au juste?

Ce que je fais, c’est surtout développer et conceptualiser une campagne et une marque par le biais du langage visuel de la photo. Nous sommes actuellement dans une phase intéressante : on cherche notre voix, alors on repousse les limites en tentant de garder une cohérence entre toutes nos initiatives marketing. De quoi telle chose aurait-elle l’air en Arabie Saoudite? De quoi ça à l’air en ligne?

Comment es-tu devenue directrice artistique? As-tu fait des études?

Des études? Ah, si tu savais! En fait, c’est chouette et plutôt surprenant que je sois rendu là où je suis aujourd’hui. Je me demande souvent comment c’est arrivé, mais en fait, ce n’est pas un accident de parcours. J’ai toujours eu la bosse des arts, alors je suis allée étudier en arts appliqués et en histoire de l’art. Quand j’étais aux Beaux-arts, j’ai réalisé que j’avais un côté super strict et que j’aime quand les choses sont ordonnées et quadrillées. Et quand j’étais en histoire de l’art, j’ai vraiment eu le coup de foudre pour l’art moderne, pour les artistes iconoclastes, innovateurs.

Alors je me suis dit : « Peut-être que ce que j’aime, c’est le graphisme? ». Mon prof en art me disait la même chose. Et, effectivement, j’ai adoré ça et je me suis découvert une vraie passion pour les magazines.

Après mon diplôme, j’ai donc continué l’école pour étudier le graphisme, plus particulièrement dans le domaine de l’édition. J’ai travaillé pour des rédactions de magazines, dans la pub, pour des agences de branding et de design, mais au final, j’ai compris que mon truc c’était vraiment les magazines.

J’ai eu beaucoup de chance parce que, généralement, les directeurs artistiques dans les magazines n’assistent pas aux séances photo, ce qui est plutôt la responsabilité des directeurs mode. Mais j’ai été chanceuse et j’ai pu y assister, peut-être parce que j’aime la mode, la photo, la déco, et que je suis capable de faire un peu de tout ça. C’était génial pour moi, car j’adore travailler en équipe et créer des histoires par le biais de la photographie, sans avoir nécessairement de direction éditoriale. Et quand je suis arrivé ici, c’est justement ce qu’ils recherchaient!

Depuis combien de temps travailles-tu sur les campagnes Call It Spring?

Ça va faire trois ans, et j’ai fait sept campagnes.

Le truc que tu préfères des séances photo pour une campagne?

Ça, c’est vraiment, vraiment la partie de mon job que je préfère. C’est super gratifiant de travailler avec un groupe de personnes comme ça, une grande famille de contributeurs géniaux, du producteur de talent à l’accessoiriste, du styliste de mode aux mannequins, qui ne sont pas tout le temps professionnels, mais qui sont toujours extra et pleins d’énergie. Puis il y a l’équipe interne qui arrive avec toutes ces idées complètement sautées; on doit alors se demander jusqu’où ça peut marcher et si c’est même possible à réaliser. On fait alors de la résolution de problèmes, et ça met parfois des mois à prendre forme – deux mois de préparation pour une séance photo de trois jours!

C’est beaucoup de préparation, ça!

Vue de loin, une séance photo, ça a l’air juste génial, mais il faut voir tout le travail qui vient avec. Tu te lèves à 3 h 30 tous les matins et tu retournes te coucher à 3 h 30… du matin! Bref, tu ne dors pas pendant trois jours. Mais, il y a quelque chose de délirant à travailler autant sur un truc, et c’est de là que vient le plaisir.

Comment choisis-tu les lieux des séances photo?

Tout part des chaussures. Tu les regardes et tu te poses la question: « Qu’est-ce qu’elles ont à dire? » À partir de là – des chaussures, de la tendance, de la saison –, tu élabores ton concept, et c’est ce concept qui va déterminer ton choix du lieu. On ne peut pas le faire n’importe où, et on doit respecter un budget et des contraintes de production. On a quelques idées et on fait du repérage. Si je n’ai jamais été sur les lieux – comme à Marfa, au Texas, où on a tourné la campagne Été 2012 –, on envoie quelqu’un qui nous dit tout de suite si ça va ou pas.

Marfa a été le décor le plus beau et inspirant dans lequel j’ai travaillé. La lumière était d’un rose crépusculaire, il y avait ces pleines lunes énormes, visibles en plein jour, et tous ces cowboys qui se baladaient partout [pour voir Reanna en pleine action sur les lieux de tournage, c’est ici].

Call It Spring produit aussi des vidéos. Comment ça s’est fait?

Douglas [Bensadoun], notre directeur artistique, connait bien le cinéma, il adore l’image en mouvement et excelle là-dedans. Un film est une autre façon, beaucoup plus dynamique, d’exprimer une marque et de capturer vraiment l’esprit et l’essence de ce qu’on fait.

Lors des séances photo, on travaille aussi avec un réalisateur sur des petits films, des vignettes vidéo. Parfois c’est la séance photo qui inspire la vidéo, et parfois c’est l’inverse, mais c’est toujours un travail très collaboratif, avec des gens créatifs qui donnent vie à la campagne juste en étant là.

Quels blogues suis-tu?

Field Guided, Hear Black, Fine Little Day, Thank you, ok, La Mignonette et Swiss Miss pour tout ce qui est design. J’aime aussi les blogues de mode, mais ce que j’adore ce sont les blogues d’art et culture. Plus dans le visuel que dans la mode.

Quelles sont les tendances qui te branchent le plus en ce moment?

Je fais une fixation sur le retour des flatforms. Je suis une fan finie de Robyn, et elle en porte justement dans son dernier clip « Call your Girlfriend », où elle danse comme une folle. Pour moi, c’est du pur bonheur. Et j’aime aussi les escarpins menthe pastel, super classique, et tout ce qui est menthe, pour moi c’est un régal!

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