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Perle rare à Los Angeles

Publié 03/28/2014 par

Ben Pobjoy, rédacteur invité pour notre dernier numéro du magazine de Boutique Spring, discute de punk, de skate et de Los Angeles avec notre photographe de couverture, Julian Berman, petit prodige de L.A.

Quel âge as-tu?

J’ai 22 ans.

Es-tu né et as-tu grandi à Los Angeles?

Ouais et j’y changerais rien.

On dit que tu viens de la scène punk-hardcore et du monde du skate, est-ce exact?

Quand j’étais petit, ma plus grande source d’inspiration en matière de musique c’était mon père. Déjà tout jeune, il me faisait écouter du Iron Maiden, du Judas Priest, du Skid Row, du Helloween, du Ramones, du Sex Pistols, etc. Autrement dit, beaucoup de new wave, de heavy métal british et de punk. Puis en grandissant, j’ai commencé à explorer et à étudier à fond le hardcore et le punk, ce qui m’a mené là où je suis aujourd’hui.
Je faisais aussi beaucoup de planche à roulettes. Et au début des années 2000, c’était quasiment impossible pour un jeune de la ville de ne pas être obsédé par les filles (YEAH RIGHT) ou les « jumps » en skate (DÉSOLÉ les filles!), les pantalons serrés et la cour d’école où on allait faire du skate les week-ends, après avoir sauté la clôture. Bref, on peut dire que la musique et le skate ont joué un rôle déterminant dans mon éducation.

Comment t’es-tu retrouvé en photo? Quand as-tu commencé?

Je me fais sans cesse poser cette question, mais honnêtement je me rappelle pas trop d’où vient ma fascination. Quoique mon premier vrai contact avec la photo a probablement eu lieu le jour où j’ai découvert le travail de Patrick Od’elle et d’Atiba Jefferson dans les magazines Transworld Skateboarding et Thrasher. À ce moment-là, je voulais juste être comme eux, surtout que, côté skate, j’avais bien trop peur de me « garrocher » dans le vide ou de sauter des escaliers! Cela dit, ce sport demeurait une obsession. Puis, en 2009, alors que j’étais en secondaire 5, j’ai décidé de suivre un cours d’initiation à la photographie et c’est vraiment là que tout a commencé. La passion est née presque instantanément. J’ai beaucoup lu, fait de la recherche et consulté des tutoriels. J’apprenais extrêmement vite et j’ai décidé de pousser plus loin. En fait, je suis devenu obsédé.

Quand as-tu commencé à faire de la photo professionnellement?

Tout s’est mis à bouger lorsque j’ai obtenu mon diplôme secondaire. Lorsque je n’étais pas dans mes cours (plutôt nuls) au collège, j’étais soit en train de faire du skate ou de prendre des photos de mon ami Tyler (alias The Creator), qui devenait de plus en plus populaire. Puis, les magazines se sont vite montrés intéressés à mon travail et c’était comme si il ne tenait qu’à moi de livrer mes clichés. J’étais jeune et je ne connaissais pas grand-chose… mais à 19 ans, je recevais des commandes de magazines et j’étais vraiment emballé. Avec le recul, c’est certain que j’aurais géré de nombreuses situations et relations avec les magazines différemment, mais je commençais à peine à baigner dans le monde de l’édition. En tous cas, je peux dire que j’en apprends encore beaucoup sur moi et sur cette industrie avec chacun de mes nouveaux projets.

De quel projet photographique es-tu le plus fier?

Honnêtement, je suis super fier d’à peu près tout ce que j’ai fait jusqu’ici. Jamais de ma vie j’aurais pensé faire de la photo pour des publications, voyager et pouvoir appeler ça un job… c’est vraiment comme un rêve.
Et que dire de ma couverture du magazine Billboard! Ça a été immense pour moi… C’est probablement ce que j’ai fait de plus cool à ce jour. J’ai travaillé pour des magazines que j’estime énormément et j’en suis très reconnaissant. Finalement, le fait de rencontrer des gens d’un peu partout dans le monde qui reconnaissent mon travail, qui font des trucs absolument incroyables, et que je peux appeler mes amis, me rend complètement euphorique.

Comment décrirais-tu ton style de photo?

En fait, je suis pas certain. Comme j’explore constamment de nouveaux systèmes et technologies, mon travail manque parfois de fluidité. Chaque cliché est différent et le style semble être dicté par ce qu’on souhaite obtenir au final. Cependant, je sais qu’une constante se dégage de mon travail. Maintenant, suis-je capable de la définir sur papier? Pas certain. Quoi qu’il en soit, j’apporte mon point de vue et je pense qu’à travers ma démarche, j’arrive à créer une image qui me représente.

Qu’est-ce que tu aimes le plus de Los Angeles? En quoi cette ville est-elle différente de toutes les autres?

Los Angeles est bizarre, clairement différente de tous les endroits que j’ai visités. Rien à voir avec des villes comme Chicago ou New York. En fait, c’est la parfaite combinaison sérénité/folie du trafic et de l’agitation. Tout le monde semble bouger à son rythme et ça reste intéressant à observer… À New York par exemple, je ne me sens vraiment pas à ma place. Tout le monde est pressé. Moi, j’aime « chiller ». Et y’a aussi le temps qu’il fait chez nous. C’est toujours le printemps-été, plus quelques semaines de pluie et de temps moche. J’aime les changements de saisons, mais pas question de me plaindre du temps! Los Angeles sera toujours précieuse à mes yeux et j’encourage tout le monde à venir au moins une fois. Je vous emmènerai manger vos meilleurs tacos à vie!

Parmi tes œuvres dont le thème est Los Angeles, qu’aimerais-tu transmettre comme message?

Les images sélectionnées sont essentiellement des extraits de ma vie, de mon entourage et de mes relations avec certaines personnes. Il n’y a rien de fictif. Ces photos traduisent simplement mon point de vue face à des réalités qui témoignent de la vie que je mène.

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