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Eric Yue : Réalisateur de New York

Publié 04/01/2014 par

Nous parlons au réalisateur Eric Yue de son enfance à New York, de vidéoclips et du film qui lui a donné le goût de faire du cinéma.

Par Ben Pobjoy

Où as-tu grandi?

Je suis né et j’ai grandi à New York, dans Queens.

Quel âge as-tu?

J’ai 24 ans.

As-tu fait de la photo avant de passer aux films?

J’ai suivi un cours de photo au secondaire, mais ça ne m’a pas accroché plus qu’il faut.  Ce cours m’a toutefois inculqué un amour pour le celluloïd et les contrastes noir et blanc.

D’où te vient cette passion pour les films? Comment as-tu fait tes débuts dans le domaine?

J’ai une formation en beaux-arts/peinture. Enfant, j’ai d’abord voulu travailler à la composition d’effets sonores, puisque c’est quelque chose qui touche à tout et qui contribue grandement à la magie d’un film. C’est seulement quand j’ai vu Taxi Driver de Scorsese que j’ai voulu faire des films. C’est à ce moment que j’ai découvert que les films pouvaient être bien plus qu’un divertissement du vendredi soir.

Comme tout le monde, je suis sûr que tu as commencé avec des outils de deuxième ordre. Te souviens-tu de ta première caméra vidéo?

Ma première caméra vidéo était, à vrai dire, celle de mes parents. C’était une Sony Hi-8 qu’ils avaient achetée en 2002. Je l’utilisais pour prendre des photos et faire des petits films me mettant en vedette. C’est drôle, j’utilise encore cette caméra aujourd’hui pour filmer des trucs. J’ai entre autres filmé King Krule et Willis Earl Beal avec elle pour les Church Sessions.

Es-tu allé à l’école pour apprendre à faire des films?

Je suis allé au NYU Tisch School of the Arts en cinéma et où j’ai également fait une mineure en peinture.

Tu as collaboré avec Nowness et Dazed; comment c’est arrivé?

Pour Nowness, c’est grâce à mon représentant chez Forever Pictures et pour Dazed, il s’agissait d’un projet pour lequel le cinéaste AG Rojas m’a demandé une contribution pour sa série « Tribute ». Il a vu ma vidéo pour « Wikispeaks » et a pensé que je pourrais faire quelque chose de bien. Je suis tellement content qu’il me l’ait demandé!

Tu sembles t’intéresser aux vidéoclips et aux films qui ont une touche « documentaire ». C’est le cas?

Je n’avais pas vraiment l’intention de faire des vidéoclips. J’en ai fait un et mes horizons se sont élargis. Il y a une sorte de renaissance en ce moment dans le monde des vidéoclips et beaucoup de réalisateurs de mon âge font du boulot excitant en « racontant des histoires ». Je pense que la plupart des réalisateurs de mon âge font des vidéoclips parce qu’ils ont des amis qui font de la musique. Ils veulent contribuer à cette musique en créant quelque chose visuellement.

J’ai un « côté documentaire » en partie pour des raisons budgétaires et aussi parce que j’aime l’instantanéité qu’apporte une caméra transportée à la main.

J’aime l’époque du néo-réalisme italien et je pense que le style cinéma-vérité est le plus naturel. Je pense que le plus que je gagnerai en expérience, le plus que j’aurai le contrôle sur les mondes que je crée.

Le mouvement, l’urbanisme et l’identité semblent influencer ton travail. Peux-tu nous en parler?

J’ai grandi à New York, alors je suis naturellement attiré par les sons et les textures qui m’appellent. EB White a dit « New York est à la fois immuable et changeant ». Je garde toujours ça en tête quand j’écris quelque chose. New York est constamment en train de se refaçonner; tout bouge tellement vite. C’est peut-être ça qui influence ma façon de voir les choses.

Comment décrirais-tu ton style et quelles sont tes ambitions?

Je dirais que ça dépend de la forme. Les vidéoclips ont une structure prédéfinie, alors mon style reflète le rythme d’une chanson. Toutefois, dans mes films, je m’intéresse aux personnages qui se sentent isolés de leurs environnements. Faire des films est une nouvelle forme d’art qui est de plus en plus accessible à tout le monde. À ce stade-ci de ma carrière, je veux faire des films et montages personnels, qui ressemblent plus à des poèmes qu’à des romans. Au fur et à mesure que le temps passera, mes ambitions grandiront.

Sur quels projets travailles-tu actuellement?

J’ai fait un vidéoclip avec Ratking mettant en vedette King Krule. [https://www.youtube.com/watch?v=SpBCXWKx4Tg]

Je travaille aussi sur quelque chose avec Willis Earl Beal… un court métrage qui sera tourné dans une banlieue de Seattle. Je prévois aussi faire un vidéoclip pour Ratking intitulé «Canal».

Quels sont les projets dont tu es le plus fier?

«Monday Monday» qui est le film que j’ai soumis pour ma thèse à NYU. C’est le film qui me représente le plus.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la réalisation?

Ce qu’il y a de mieux, c’est que l’on touche à tellement de formes d’art. Quand tout est mis ensemble à la fin, le résultat capte l’attention d’une façon bien différente qu’une photo ou une peinture. Les meilleurs films ont une opinion et un monde distinct. De plus, puisque l’on capte la « réalité », un film a quelque chose de viscéral.

Pour en savoir plus sur Eric :

http://www.ericyue.com

http://vimeo.com/ericyue

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