Call It Zine @fr / Culture / Dans les coulisses

Foxtrott

Publié 04/01/2014 par

Marie-Hélène L. Delorme est en train de faire exploser internet (et les scènes de festivals comme SXSW et Pop Montréal) avec sa pop rythmée aux accents éthérés. Voici ses plans pour 2014.

Par Ben Pobjoy

Quel âge as-tu et où as-tu grandi?

J’ai 28. Je suis née et j’ai grandi dans l’est de Montréal.

À quand remontent les débuts de FOXTROTT et pourquoi ce projet?

FOXTROTT est né il y a environ deux ans. J’avais déjà fait quelques remix et du travail en collabo auparavant sous un autre nom. Quant à FOXTROTT, ça m’a pris un certain temps à en « trouver » l’esthétique et à définir ce que je voulais réaliser avec ce projet. J’avais écrit trois chansons (dont «Colors») et un ami m’a pratiquement forcée à monter un show. J’étais remplie de doutes à ce moment-là (je le suis toujours, mais c’est plus supportable!). Eh bien, c’est vraiment ce petit show-là qui m’a lancée! J’ai écrit plus de chansons et j’ai finalement accouché de mon premier EP sur Bandcamp il y a un an.

Sur Twitter tu te dis chanteuse/productrice. Parle-nous de ta démarche créative.

Ça part vraiment de ce qui me vient naturellement. Je n’ai pas de méthode établie, c’est une question d’intuition. Durant les périodes où j’arrête de faire de la musique, je médite et je cuisine beaucoup. Puis à un moment donné, les chansons apparaissent comme sur un menu déroulant! Ce fut d’ailleurs le cas pour mon prochain album. Souvent, mon inspiration pour l’écriture de chansons provient de sons, de textures et de rythmes que j’ai créés dans le passé. Ce sont généralement des trucs que j’ai envie d’écouter sans arrêt et qui me font ressentir quelque chose. Un certain son me met dans un « mood » ou suscite une émotion. J’entends alors une mélodie et de là surgissent les mots. Bref, mes paroles viennent souvent des sons que j’entends intuitivement.

J’essaie aussi de créer quelque chose d’unique, tout en évitant le bizarre et l’hermétique. J’ai envie que ma mère, tout comme les geeks de beats comme moi, aiment mes chansons. Je veux aussi avoir du plaisir à les chanter sans avoir l’impression de faire de la musique seulement pour une petite clique de jeunes branchés. Je crois que c’est mon plus grand défi.

Sur le plan des émotions, j’essaie de ne pas me cacher derrière les mots ou les métaphores. J’aime les chansons qui disent les choses telles qu’elles sont, simplement ou poétiquement. En matière de son, je cherche simplement à ce que ça sonne « moi », autrement j’arrête et je recommence. Je suis en quête de quelque chose de rafraîchissant, aussi intemporel que possible. Enfin, sans vouloir paraître prétentieuse, j’essaie de créer de la musique que j’aimerais moi-même écouter.

Lorsque tu performes live, tu as un groupe. Les musiciens reproduisent-ils le son des enregistrements ou modifient-ils les arrangements? Est-ce que les membres du groupe sont toujours les mêmes ou ils varient?

Quand je performe live, je suis seule, accompagnée d’un cor français. J’ai joué avec un percussionniste dans le passé, mais pour l’instant, je présente la version « soft » de mon show. C’est assez fidèle aux enregistrements, quoique le cor et la voix apportent quelque chose de différent. D’autres parties sont alors mises en valeur, ce qui procure une émotion différente. Il y a assurément beaucoup de chaleur dans l’air. J’essaie de m’éloigner de la froideur associée à la musique électronique et de me concentrer sur ma voix, le son du cor et ma présence sur scène.

2013 semble avoir été une très belle année pour toi. Parle-moi un peu de ce qui s’est passé.

2013 a été à la fois excitante et remplie de défis. Mon plus grand accomplissement? Avoir écrit et produit mon premier album. Je suis très contente du résultat et c’est assez génial comme feeling!

J’ai aussi joué dans des shows et fait des trucs vraiment cool : trois spectacles et un tournage vidéo pour Pop Montréal, quelques shows pour la semaine Renata Morales au Centre Phi (Montréal), de la musique de film, et deux autres tournages vidéo. J’ai beaucoup appris sur l’industrie de la musique et me suis liée d’amitié avec des gens incroyables avec qui je collabore aujourd’hui. Ça a été une année marquée par le travail et l’investissement personnel et matériel.
Et 2014 promet d’être remplie de trucs le fun et super créatifs!

Parle-moi des thèmes et du processus d’enregistrement de ton premier LP A Taller Us.

C’est un condensé des dernières années de ma vie : les relations, le doute, l’amour, la maladie mentale, l’impuissance, la spiritualité, le sexe, etc. J’ai écrit et produit tout moi-même en studio. J’ai ensuite travaillé avec Damian Taylor pour le mixage et l’enregistrement des voix. Je suis arrivée à son studio avec des pistes d’enregistrement prêtes à être mixées et on a enregistré les voix ensemble. C’est un génie. Ça fait deux ans qu’on travaille ensemble et on a vraiment une belle relation.

Et maintenant?

Je prévois lancer mon disque, faire plus de spectacles, créer des tas de beats et collaborer avec de nouvelles personnes. Vivement la création!

 

Allez voir FOXTROTT interpréter There is a Light That Never Goes Out du groupe The Smiths. [https://www.youtube.com/watch?v=GyTdS5hMxWg]

COMMENTAIRES

Powered by Facebook Comments