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Olivia Mew : Illustratrice

Publié 04/01/2014 par

Olivia Mew, illustratrice, nous parle de comment c’est gérer sa propre entreprise, de l’importance de faire ce qu’on aime et de sa nature grincheuse.

Par Ben Pobjoy

Tu as quel âge?

J’ai 25 ans.

Es-tu née et as-tu grandi à Montréal? Sinon, quand et pourquoi es-tu venue à Montréal?

Je viens de Toronto. Je suis venue à Montréal en 2006 pour étudier à Concordia.

Tu as une passion pour le dessin. Ça vient d’où?

J’ai toujours été attirée par le dessin et quand j’étais étudiante, je détestais les emplois que j’ai eus (commerce de détail, job de bureau, etc.). En terminant l’école, j’étais déterminée à gagner ma vie en faisant quelque chose que j’aimais vraiment. Le dessin semblait une bonne façon de subvenir à mes besoins et offrait un monde plus structuré que celui des beaux-arts.

À l’université, pourquoi as-tu décidé d’étudier les fibres au lieu du dessin?

Aller à l’école en dessin ne m’avait même pas effleuré l’esprit lorsque j’ai fait ma demande d’admission à l’université. À vrai dire, j’ai d’abord étudié pour être prof d’art, mais après deux ans, j’ai réalisé que je n’étais pas suffisamment contente de mon propre art pour être suffisamment à l’aise pour enseigner l’art aux autres. À ce moment, je fabriquais des poupées en feutre qui étaient en quelque sorte des versions 3D de mes illustrations, alors j’ai changé de domaine pour explorer le monde des fibres.

Il semble y avoir un bon équilibre entre tes projets personnels et tes collabos. Une journée typique, c’est quoi pour toi?

Mon gagne-pain est le Stay Home Club [http://stayhomeclub.com] et c’est ce qui occupe le plus de mon temps. Mon studio/bureau est dans un appartement dans le même édifice où j’habite. J’y descends d’habitude vers 9 h ou 10 h, je réponds à des courriels, je m’occupe de trucs reliés au service à la clientèle et j’embarque ensuite dans le gros de ma journée. En ce moment, c’est la gestion d’inventaire et l’emballage/expédition de commandes qui occupent la plupart de mon temps. Si je suis chanceuse, je réussis à me libérer quelques minutes pour travailler sur des designs pour le Stay Home Club. Si j’ai un contrat en tant que pigiste, ma merveilleuse assistante s’occupe de tout ce qui est en lien avec le Stay Home Club.

Qu’est-ce que tu aimes le plus de ton travail et qu’est-ce que tu aimes moins?

J’aime être mon propre patron, ne pas avoir à me taper le trafic pour me rendre au travail,  fabriquer des produits que j’aime et constater que bien des gens aiment ces produits. Je n’aime pas dépendre des autres (fournisseurs, imprimeurs, etc.). Je les adore, mais une fois de temps en temps, il arrive toujours un pépin et à la fin, ce sont mes clients qui écopent, ce que je déteste royalement.

Comment est-ce que tout a commencé pour le Stay Home Club?

Tout a commencé un beau jour lorsque je faisais la vaisselle – on dirait que mes bonnes idées me viennent toujours quand je fais du ménage ou que je marche jusqu’à l’arrêt d’autobus. Au début, mon idée était principalement d’utiliser sous licence le travail d’autres illustrateurs et d’ouvrir une boutique vendant des articles ménagers dotés de beaux imprimés. 5 ou 6 merveilleuses personnes ont embarqué avec moi au début et nous avons commencé par vendre des taies d’oreiller.

Au fil du temps, j’ai ajouté quelques produits ici et là et j’ai réalisé que mes propres designs, et surtout le logo du Stay Home Club, vendaient aussi bien ou mieux que tout le reste. L’attrait esthétique des produits Stay Home Club plaisait de plus en plus et j’ai décidé de commencer à faire des t-shirts. Tout va super bien depuis ce temps.

C’est gros le Stay Home Club – il y a des vêtements, des accessoires, de la literie, etc. – est-ce que ça a été difficile de démarrer l’entreprise?

Pas vraiment! Je vendais des trucs en ligne depuis 2007 (les poupées que j’ai mentionnées plus tôt), alors ce n’était pas un monde inconnu pour moi lorsque tout a commencé pour le Stay Home Club. Je savais déjà comment ne pas me faire avoir par Postes Canada, comment mettre en marché mon travail en ligne et ce genre de trucs. De plus, avant d’embarquer à fond dans mon projet, j’ai fait des économies à mon précédent emploi afin d’avoir les reins solides. J’avoue que j’étais terrifiée lorsque j’ai passé ma première grosse commande à des fournisseurs, mais heureusement, tout a bien fonctionné.

Il est souvent mal vu qu’un artiste mette en marché sa créativité. Tu en penses quoi?

Je crois que c’est de la foutaise. Je suis immensément fière de faire quelque chose qui me plaît et qui m’amuse. La plupart de mes amis (designers de mode, illustrateurs, fabricants de choses cool) font un peu comme moi et nous nous venons en aide. Il faut simplement avoir la bonne approche.

Parle-nous de quelques-unes de tes collaborations. De laquelle es-tu le plus fière?

J’ai beaucoup aimé travailler sur les illustrations pour le Literary Review of Canada l’an dernier. C’était la première fois que je faisais de l’éditorial et j’ai vraiment aimé le résultat final.

Tu aimes jouer avec les notions d’anxiété, de réclusion et d’apathie. Comment définirais-tu ton style?

J’ai un peu de difficulté à rapprocher la partie Stay Home Club de ma vie (avec ses thèmes de réclusion et d’auto-dévalorisation) avec mon travail en tant que pigiste (qui peut être sur une grande variété de sujets selon le client). Le Stay Home Club me permet d’exprimer mon sens de l’humour ainsi que ma nature grincheuse, tandis que le reste de mon travail est plus ficelé esthétiquement parlant.

 

Devenez membre du Stay Home Club :

http://www.oliviamew.com

http://www.stayhomeclub.com

@oliviamew on Instagram.

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